Lettre pastorale Carême 2026

La conversion : un appel à marcher ensemble

« … Réveille-toi, toi qui dors, ressuscite d’entre les morts, et le Christ t’éclairera. Veille donc à ta conduite, ne sois pas imprudent, mais sage, tirant parti de chaque occasion… » (Éphésiens 5, 14-15).

À vous, frères et sœurs, grâce et paix en Christ.

Ce passage de Paul nous appelle, en tant que disciples, à un réveil spirituel, nous exhortant à sortir de notre torpeur spirituelle, à recevoir la lumière du Christ et à vivre avec sagesse en tirant le meilleur parti de notre temps dans un monde confronté au mal, non pas comme des insensés, mais comme des personnes qui comprennent la volonté de Dieu et les opportunités qui s’offrent à elles. C’est un appel à mener une vie pleine de sens, qui met l’accent sur la marche dans la sagesse et la lumière.

Je vous adresse cette deuxième lettre pastorale alors que nous entrons dans la période du Carême. Selon le calendrier liturgique de l’Église, le Carême nous offre l’occasion de nous examiner nous-mêmes, de prier, de jeûner et de nous repentir, ainsi que de lire et de méditer la Sainte Parole de Dieu (BCP, p. 265) afin de nous ajuster à sa volonté. En ce Carême, qui commence le mercredi 18 février 2026, je vous invite à vous joindre à notre communauté de foi pour entreprendre un voyage spécial de méditation sur le commandement d’aimer Dieu et notre prochain, et à réfléchir à la signification de cette recommandation fondamentale dans notre vie quotidienne de disciples. C’est pourquoi j’ai intitulé ce message : « Un appel à la conversion et à marcher ensemble ».
En effet, se convertir signifie précisément tourner son cœur vers Dieu, tourner son regard vers Lui, prêter l’oreille à Sa parole et obéir à Ses commandements. Dans cette perspective, le plus important n’est pas ce que nous faisons, mais ce que Dieu veut faire pour nous. Tant que notre cœur reste ouvert à Dieu et à Son amour, il y a déjà de bonnes chances que le Carême porte ses fruits dans notre vie. Un bon fruit de la conversion, c’est le résultat d’une profonde transformation de notre être telle que Dieu notre Père le souhaite.

L’une des conséquences positives de cette conversion est le fait de marcher ensemble, d’être réconciliés les uns avec les autres. Cela fait de nous la véritable famille de Dieu et l’Église du Christ. Ainsi, nous saurons prendre soin les uns des autres en nous aimant comme Dieu nous a aimés, et nous ferons de notre monde une anticipation du Royaume de Dieu, un Royaume de joie, de justice et de paix. Nos familles et nos communautés en seront également transformées.

Pour que cela soit possible, le jeûne, la prière et l’aumône sont proposés comme moyens de préparation spirituelle. Je vous invite à suivre celui qui vous semble le plus approprié pour votre croissance personnelle en tant que disciple de Jésus-Christ. Ensemble, nous avancerons ainsi dans notre cheminement de vie. Ayons le courage de nous présenter devant Dieu et de revoir nos priorités en fonction de ce qu’il nous demande d’être.

L’une de nos priorités cette année est la révision de notre politique de sécurité dans l’Église, car au cours de l’année dernière, de sérieuses préoccupations ont été soulevées quant à l’efficacité des politiques passées. Cette période de Carême nous offre l’occasion de mieux comprendre à quel point ce travail est essentiel. Nos paroisses et nos communautés de foi doivent être des lieux sûrs, où les gens peuvent apporter leurs espoirs, leurs rêves et leurs vulnérabilités, et s’ouvrir à la guérison et à la transformation qui nous sont offertes en Christ.

Comme je l’ai annoncé au Synode le 4 octobre 2025, je tiens à réaffirmer mon engagement indéfectible à œuvrer pour rétablir la confiance dans nos relations. Il est donc de notre responsabilité collective de mettre en œuvre une politique plus efficace en matière de sécurité dans l’Église. Je suis conscient que le peuple de notre diocèse a de grandes attentes à cet égard. C’est pourquoi le Conseil diocésain a chargé un comité d’examen de la sécurité dans l’Église de procéder à une révision approfondie de nos politiques et de rédiger une nouvelle politique permanente qui sera conforme aux meilleures pratiques, tant dans son processus que dans la prise en charge des personnes qui ont subi des préjudices. Cependant, pour bien faire ce travail, il faudra du temps, mais il est important de protéger nos communautés dès maintenant.

C’est dans cet esprit que le Chancelier, la Vicaire général et moi-même avons travaillé à l’élaboration d’une politique provisoire pour la sécurité dans l’Église qui soit claire, simple à utiliser et qui garantisse que toute plainte soit traitée de manière équitable et impartiale, et que les plaignants et les parties accusées bénéficient d’un soutien pastoral et spirituel approprié pendant le règlement de tout problème soulevé. Cette politique provisoire a été adoptée à l’unanimité par le Conseil diocésain lors de sa réunion de janvier pour une mise en œuvre immédiate.

Cette politique est déjà disponible sur le site web du diocèse. Je vous invite à la lire. Il est important que vous compreniez à la fois les normes auxquelles nous sommes désormais tenus de nous conformer (section 3) et le processus de résolution des problèmes qui pourraient survenir (résumé à l’annexe I). Veuillez également prendre connaissance des lignes directrices relatives au travail avec les enfants et les jeunes (pp. 29-30). Toute plainte doit être portée à l’attention de la médiatrice, dont les coordonnées sont disponibles sur notre site web.

Je vous souhaite un Carême fructueux ! Puissions-nous entendre ce que l’Esprit dit à l’Église, nous réveiller de notre sommeil, ressusciter d’entre les morts afin que le Christ puisse briller sur nous.
Avec toutes mes bénédictions en Christ,

Mgr Victor-David Mbuyi Bipungu
Évêque de Montréal